Sécurité des transports – Les faits, encore et toujours

ISSN 2369-8748

22 Septembre 2015
Signé par : Michel Traversy

J’étais tout jeune lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la sécurité des transports. Malheureusement, c’est à un événement tragique que je dois cet intérêt. J’ai été profondément bouleversé, à l’adolescence, par la mort d’un grand ami à un passage à niveau. Durant toute ma vie, et tout au long de ma carrière à la fonction publique fédérale, les questions entourant cet accident n’ont jamais cessé de m’habiter. J’avais 14 ans à l’époque, mais déjà je voulais savoir : que s’est-il passé? Comment et pourquoi cela est-il arrivé? Lorsqu’un événement tragique comme celui-là arrive à un proche, quand on souffre et qu’on a de la peine, on cherche des explications logiques.

Par l’effet du hasard, au début des années 1970, je me suis joint à la Commission canadienne des transports qui, à l’époque, tenait des audiences publiques sur les accidents ferroviaires. Lorsque le déraillement d’un train a causé l’évacuation de 100 000 résidants à Mississauga, et lorsqu’une collision entre deux trains à Edson, en Alberta, a fait de nombreux morts, on m’a appelé en tant qu’agent des communications durant les audiences.

Puis, en 1988, le Bureau canadien de la sécurité aérienne (BCSA) m’a embauché comme conseiller en communications, et je me suis aussitôt trouvé au cœur de la publication du rapport d’enquête sur le terrible accident d’Arrow Air à Gander, à Terre-Neuve, qui a fait plus de 280 morts.

Je me suis joint au Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) lors de son établissement en 1990 et j’ai occupé différents postes en communications. Comme je travaillais pour une organisation qui se consacrait à plus d’un mode de transport, j’ai vécu toutes sortes d’expériences – non seulement des accidents aériens ou ferroviaires, mais aussi maritimes et de pipeline.

L’accident aérien de Swissair au large de Peggy’s Cove, en Nouvelle-Écosse, a donné lieu, à l’époque, à la plus importante enquête jamais réalisée par le BST. Pendant quatre ans, des enquêteurs ont mené des travaux d’enquête complexes pour réunir et analyser des éléments de preuve et ensuite rédiger un rapport d’enquête qui comprenait de nombreuses recommandations de sécurité.

Dans le secteur maritime, l’enquête sur le naufrage du traversier Queen of the North, en Colombie-Britannique, a donné lieu à d’ingénieuses méthodes pour récupérer des éléments de preuve difficilement accessibles, enregistrés sur le disque dur d’un ordinateur à bord du navire.

Plus récemment, le déraillement d’un train de pétrole brut parti à la dérive à Lac-Mégantic, au Québec, m’a rappelé mes débuts à la Commission canadienne des transports. J’y ai vu des enquêteurs travailler inlassablement à recueillir, dans des conditions très difficiles, les éléments de preuve nécessaires pour expliquer, à la collectivité, les circonstances qui avaient mené à cette catastrophe. Ils étaient aux premières lignes et devaient composer non seulement avec la chaleur dans la zone critique, mais aussi avec des personnes qui souffraient d’une terrible perte. Non seulement ces personnes devaient-elles composer avec la destruction de leur centre-ville, elles devaient aussi se relever de la perte du cœur de leur collectivité et se rétablir de la disparition de plusieurs de leurs proches.

Au terme de son enquête, le Bureau a pu faire des recommandations de sécurité qui visaient à réduire les risques qu’un tel accident se reproduise. Pour parvenir à ces fins, toutefois, nous devions d’abord revenir aux plus élémentaires des questions : que s’est-il passé? Comment et pourquoi cela est-il arrivé?

En fait, nous cherchons tous les réponses à ces questions quand advient un accident. Peut-être est-il réconfortant de savoir que nous pouvons prévenir la répétition d’un tel accident. Grâce à la technologie d’aujourd’hui, nous pouvons expliquer les causes d’un événement avec un degré d’exactitude surprenant, allant de la vitesse à laquelle un avion ou un train se déplaçait, à l’angle de l’impact, et nous arrivons à comprendre encore davantage les facteurs humains, tels que les décisions qui ont été prises par les personnes en cause et ce qui a motivé leur choix.

Pour ce qui est de mon rôle dans la promotion de la sécurité et la collaboration avec nos enquêteurs et les médias, l’évolution dans le domaine des communications au fil des ans a été étonnante, et plus particulièrement, la vitesse à laquelle on transmet l’information aujourd’hui.

Dans le présent billet, il est impossible pour moi de mentionner tous les événements de transport qui m’ont été confiés au fil de mes 25 ans au BST. Toutefois, la constante qui se manifeste au BST, c’est le savoir-faire de tous nos employés et leur dévouement à exécuter notre mandat et à continuer de poser des questions pour pouvoir, en fin de compte, trouver des réponses.


Image de Michel Traversy

Monsieur Traversy est au BST depuis le début de l’organisme. Il est analyste aux médias dans l’équipe des communications. Amateur invétéré d’automobiles et de motocyclettes anciennes, il consacre du temps à cette passion lorsqu'il n'est pas au travail.

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