Le BST, d’hier à aujourd’hui

ISSN 2369-8748

7 avril 2016
Signé par : Johanne Ostiguy

Sans tambour ni trompette

Lors de la création du BST en 1990, le mot d'ordre de l'organisme était le « professionnalisme discret ». Les enquêteurs et les spécialistes menaient des enquêtes rigoureuses sans ménager leurs efforts pour aller à la source même des incidents et accidents de transport, sans toutefois attirer l'attention sur leur travail. Même les recommandations du Bureau étaient émises sans faire trop de bruit. La plupart des rapports étaient transmis aux organismes de réglementation, aux intervenants du milieu et aux personnes en cause (ou à leurs proches parents), mais ils n'étaient pas diffusés à grande échelle (il faut se souvenir qu'à l'époque il fallait imprimer les rapports pour les distribuer). Seuls les rapports portant sur des événements très en vue étaient imprimés et faisaient l'objet de communiqués. Tout comme nous le faisons encore de nos jours, certains rapports sur les enquêtes les plus importantes étaient diffusés lors d'événements médiatiques.

Il en était ainsi quand j'ai débuté ma carrière au sein de l'administration publique au BST, alors que l'organisme n'en était qu'à ses tout premiers débuts. Je me suis tout d'abord jointe à l'équipe des Communications en tant que réviseure des rapports d'événements aéronautiques. Peu de temps après, j'ai participé à la révision et à la traduction du Manuel des opérations d'enquête du BST pour la Direction des enquêtes maritimes. Puisque j'avais travaillé en étroite collaboration avec le chef d'équipe et des enquêteurs maritimes dans le cadre de ce projet, j'ai ensuite été appelée à travailler à titre de réviseure bilingue pour cette direction.

Hausser le ton

Image du couver du revue Réflexions

Environ quatre ans après la création du BST, en vue de transmettre nos messages de sécurité à un plus grand public, la nouvelle revue Réflexions a vu le jour, et c'est avec plaisir que j'ai relevé le défi de contribuer à sa production. Cette publication modale trimestrielle (publiée à raison de 12 numéros par année, soit 4 pour chaque mode – Aviation, Marine, et Rail/Productoduc – tour à tour) comportait le résumé des rapports d'événements les plus susceptibles d'offrir des possibilités de tirer des leçons de nos enquêtes. Des versions imprimées étaient envoyées par la poste à divers organismes du secteur des transports pour être distribuées à leurs membres; les particuliers pouvaient également s'inscrire à notre liste d'envoi.

Cette revue, qui a été publiée plus ou moins régulièrement de 1993 à 2005, a atteint son principal objectif : rejoindre un grand nombre de personnes qui œuvraient dans les transports afin de les sensibiliser davantage aux pratiques dangereuses et non sécuritaires. Toutefois, l'information condensée que la revue comportait n'était pas de nature à inciter les organismes de réglementation ni les intervenants du milieu à prendre des mesures pour régler les lacunes de sécurité constatées par les enquêteurs du BST. De plus, le public ne connaissait que très peu Réflexions et, jusqu'à un certain point, n'était pas au courant du mandat et des activités du BST.

Par la suite, j'ai quitté le BST pour relever d'autres défis à l'extérieur de l'administration publique et au sein d'autres ministères fédéraux. À mon retour au BST en 2013, après une absence d'une douzaine d'années, j'ai été surprise de constater que l'approche avait beaucoup changé – l'ère du professionnalisme « discret » était révolue.

Parler fort et clair

Image de la site web du BST

Nous affichons maintenant tous les rapports sur les enquêtes de catégorie 2, 3 et 4 sur notre site Web et nous publions pour chacun d'entre eux un communiqué soulignant les faits établis par le Bureau ainsi que les mesures de sécurité qui en découlent. Nous émettons des avis lorsqu'une équipe d'enquêteurs du BST se rend sur les lieux d'un événement ou lorsque le BST ouvre une enquête. On retrouve sur le site Web du BST une page sur chacune des enquêtes en cours. Nous avons une présence dans les médias sociaux : nous disposons d'une chaîne YouTube, et d'un compte Flickr, où nous affichons régulièrement des photos d'événements; et nous comptons dorénavant plus de 15 000 personnes qui nous suivent sur Twitter. En outre, les réponses des organismes de réglementation et autres intervenants auxquels les recommandations du Bureau s'adressent sont évaluées, et le résultat de ces évaluations est publié une fois l'an.

De plus, le Bureau publie tous les deux ans une Liste de surveillance qui porte sur les enjeux qui font courir les plus grands risques au système de transport du Canada. Ensemble, ces activités contribuent à une transparence accrue, un plus large rayonnement de nos messages de sécurité auprès des médias, et une meilleure facilité d'accès à nos rapports d'enquête pour les Canadiens et Canadiennes. Et cette plus grande visibilité permet d'attirer l'attention des organismes de réglementation et de l'industrie sur les lacunes de sécurité qui nécessitent une intervention.

Plus ça change, plus c'est pareil

Nous savons presque tous que, grâce à la technologie, la capacité du BST à récupérer et à analyser des données et, par le fait même, à mener ses enquêtes ne fait que s'améliorer. Toutefois, nous ne nous rendons pas nécessairement compte de l'impact que la technologie, surtout le Web, a eu sur notre capacité à partager l'information de sécurité rapidement et efficacement avec les intervenants et le public. (À ne pas oublier la prochaine fois que je me sentirai frustrée parce que mon ordi est trop lent.) Cela dit, beaucoup de choses n'ont pas changé au cours des 25 années dernières années au BST, notamment le professionnalisme du personnel, la détermination des enquêteurs à aller au fond des choses pour cerner les problèmes systémiques qui ont mené aux accidents en vue d'améliorer la sécurité des transports, et l'esprit d'équipe qui nous anime et qui contribue à nos enquêtes de calibre international. Il fait bon de travailler de nouveau avec des gens aussi dévoués et de contribuer à la diffusion de nos messages de sécurité sur une grande échelle.


Image de Johanne Ostiguy

Johanne Ostiguy a tout d’abord travaillé au BST comme réviseure, puis comme chef des Services de rédaction, de 1990 à 2002. Après plus d’une dizaine d’années passées dans le secteur privé et d’autres ministères fédéraux, Johanne est revenue au BST en 2013 pour prêter main forte à l’équipe d’enquête pour la rédaction du rapport sur l’accident de Lac-Mégantic. Elle s’est jointe aux Services de publication après la publication de ce rapport. Lorsque le temps le lui permet, Johanne aime aller voir ses deux enfants qui vivent à l’étranger (en Écosse et en Allemagne). Sinon, elle fait des visites guidées des maisons de Frank Lloyd Wright ou lit des livres sur son œuvre.

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