La force de la collaboration

ISSN 2369-8748

18 mai 2016
Signé par : Joe Hincke

Les lacunes de sécurité doivent être dépistées. Cela va de soi au BST. Nos enquêteurs et nos équipes de spécialistes travaillent sans relâche pour atteindre cet objectif en plus de cerner le comment et le pourquoi des accidents. Mais qu’en est-il des membres du Bureau? Quel rôle jouent-ils dans la publication d’un rapport d’enquête?

Qui sont-ils et quelle est leur raison d’être?

Permettez-moi d'abord de préciser que les membres du Bureau sont nommés par le gouvernement et que l'un des principaux critères d'affectation à leur poste est leurs connaissances du transport aérien, maritime, ferroviaire ou pipelinier. Jetez un œil à nos biographies sur le site Web du BST; vous constaterez que chacun d'entre nous possède un bagage unique de compétences et une vaste expérience liée à un mode de transport en particulier. Résultat, quand nous travaillons ensemble, nous avons un vaste bassin de connaissances collectives dans lequel puiser.

Image de différents accidents de transport

L’un des principes de base de toute enquête sur les accidents est son fondement sur les faits. L’analyse des faits doit être objective et juste; elle doit aller dans le sens des conclusions du rapport et des recommandations formulées. La complexité de l’enquête détermine le nombre de membres du Bureau qui participent à la production du rapport, mais l’équipe compte toujours au moins trois personnes. En cas de problèmes de sécurité importants associés à d’éventuelles recommandations, tous les membres du Bureau sont généralement appelés à participer dès le début de la phase de production du rapport.

Un élément important

Au cours de la phase de production du rapport, le rôle des membres du Bureau est d’analyser et d’approuver l’ébauche de rapport préliminaire. Étant donné que le Bureau est un expert des quatre modes de transport et qu’il analyse tous les rapports d’enquête, il a un point de vue global sur l’industrie des transports et les tendances en sécurité. Conséquemment, il se peut qu’il exige que le travail soit approfondi avant d’approuver l’ébauche de rapport. Par exemple, il peut demander que l’analyse de l’efficacité du système de gestion de la sécurité (SGS) d’une entreprise ou de la surveillance de celui-ci soit approfondie puisque les SGS figurent sur la Liste de surveillance du BST. Le Bureau peut également exiger que les enquêteurs se remettent à l’œuvre pour approfondir leur analyse d’une lacune particulière observée dans le cadre d’autres enquêtes.

Dossier portant la mention “confidentiel”

Une fois la première analyse effectuée, un projet de rapport est envoyé à titre confidentiel aux personnes désignées pour qu’elles formulent leurs commentaires. Une personne désignée est une personne qui est concernée par les événements, ou encore, une entreprise ou un fabricant dont les produits sont abordés dans le rapport. Ces personnes sont retenues parce qu’elles peuvent fournir de l’information susceptible d’accroître la rigueur et l’exactitude du rapport en corrigeant l’information erronée ou en relevant les omissions, entre autres, ou en fournissant des renseignements complémentaires sur l’incident survenu.

Les enquêteurs étudient individuellement chacun des commentaires des personnes désignées, puis ils modifient le rapport, au besoin. Ensuite, ils produisent une nouvelle version du projet de rapport accompagnée d’un document distinct qui explique les mesures prises à la lumière de chaque commentaire et les soumettent au Bureau aux fins d’étude et d’approbation. Quand le rapport est publié, chacune des personnes désignées reçoit un document qui précise les mesures prises en réponse à ses commentaires.

Éviter la chambre d’écho

Image de Joe Hincke lors de son discours au Sommet sur la sécurité du BST

Pourquoi avons-nous adopté ce processus? Pour éviter le phénomène qui, dans le monde de l’information, est désigné par le terme « chambre d’écho ». En termes simples, il s’agit d’un scénario dans lequel la même information est répétée en vase clos et où l’expression d’opinions divergentes est bloquée, voire censurée. Bref, la chambre d’écho est le contraire de l’objectif que nous tentons d’atteindre. Notre processus garantit l’équité procédurale, la transparence et l’ouverture en plus de permettre l’amélioration de la qualité et de l’exactitude du rapport. Nous voulons nous assurer que ces enquêtes sont équitables et justes, que les faits et l’analyse sont conformes aux résultats et aux éventuels messages de sécurité, particulièrement les recommandations du BST, comme l’exige la Loi sur le Bureau canadien d’enquête sur les accidents de transport et de la sécurité des transports.

De la publication à la sphère publique

À titre de membres du Bureau, notre travail va naturellement bien au-delà de l’étude des rapports. Nous profitons de notre plateforme pour sensibiliser la population aux problèmes dont nous dévoilons l’existence, c’est-à-dire les lacunes de sécurité qui ont été cernées, récemment ou non, et qui n’ont toujours pas été corrigées. Nous assurons le suivi de la mise en œuvre de nos recommandations jusqu’à ce que nous soyons satisfaits des mesures prises par les organisations concernées. Et même si les rapports que nous étudions portent sur des accidents qui sont déjà survenus, nos conclusions ainsi que les causes et les facteurs contributifs que nous relevons nous servent de loupe à travers laquelle nous scrutons l’avenir : un avenir marqué par la sécurité accrue de tous les modes de transport.


Image de Joe Hincke

Joe Hincke s’est joint au BST à la suite d’une longue carrière au sein de la Force aérienne du Canada. Dans le cadre de ses fonctions de pilote, il a été aux commandes de l’hélicoptère Sea King, et a occupé plusieurs autres postes au Canada ainsi qu’à l’étranger. Sa formation académique lui a valu des diplômes dans deux domaines : sciences politique et économique, et politiques internationales. Dans ses temps libres, Joe se passionne pour le golf, les voyages et la lecture.

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