De la Garde côtière canadienne au BST –
Un changement de cap qui devait arriver

ISSN 2369-8748

15 septembre 2016
Signé par : Wendy Jolliffe

Ce billet de blogue a été rédigé en réponse aux questions et commentaires reçus sur le profil vidéo de Wendy Jolliffe.

Aussi loin que mes souvenirs remontent, je me suis toujours trouvée dans l'eau, sur l'eau ou près d'elle. J'ai été sauveteure pendant plus de 20 ans, et j'ai enseigné la navigation à voile et la planche à voile pendant de nombreuses années. Après l'université, j'ai commencé à faire des livraisons de bateaux à voiles au large des côtes entre le Canada et la Floride pour le père d'un ami. J'étais sur l'océan Atlantique, en train de regarder le lever du soleil, quand j'ai pris la décision de m'inscrire au Collège de la Garde côtière canadienne. J'avais décidé d'obtenir ma certification de navigation et de gagner ma vie à livrer des bateaux à voiles. Toutefois, les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. J'ai adoré mon poste de navigation dans la Garde côtière canadienne, particulièrement à titre de spécialiste en sauvetage, et j'ai voué 15 ans de ma vie à cette organisation.

Mon premier contact avec le BST a eu lieu en 1999, alors que j'étais troisième officier à bord du Sir Wilfred Grenfell. Les enquêteurs du BST utilisaient notre navire comme plateforme pour effectuer la recherche sous-marine d'un hélicoptère de la Garde côtière canadienne qui s'était écrasé dans l'océan Atlantique. En tant que nouvel officier de navigation, je savais comment utiliser les cartes électroniques, qui étaient la toute dernière technologie à l'époque. J'étais ainsi le seul membre de l'équipe de navigation qui était en mesure d'aider le BST à établir leur zone de recherche sur les cartes électroniques et, finalement, à trouver l'épave de l'hélicoptère. J'ai vraiment aimé mon expérience et le fait de sentir que je faisais partie d'une équipe d'enquête.

Je suis alors devenue très intéressée par le travail du BST et ses méthodes d'enquête. Découvrir ce qui s'est passé durant un accident, et pourquoi il a eu lieu, m'a semblé être une activité très noble. Lorsque j'étais responsable, à titre de capitaine en second à la Garde côtière canadienne, des réunions de santé et de sécurité au travail à bord du navire, je les commençais en passant en revue un rapport du BST pour en discuter : plus précisément, je me concentrais sur les faits établis et sur les leçons apprises qui étaient pertinentes.

En 2007, le moment était venu de changer de carrière. J'attendais alors mon troisième enfant, et je ne voulais pas être en mer pendant plusieurs semaines d'affilée après sa naissance. J'ai soumis ma candidature pour le poste d'enquêteur maritime principal et analyste en sécurité au BST, et j'ai commencé à travailler à la Direction des enquêtes maritimes en janvier 2009. J'ai tout de suite senti que j'avais trouvé l'emploi idéal pour moi.

Photo 1. Coopération internationale – Jon Furukawa,
enquêteur maritime du NTSB, Luc Charbonneau et
Wendy Jolliffe, enquêteurs du BST, et
Kurt P. Benson, enquêteur de l’USCG, à Clayton,
New York, enquêtant sur l’incendie et la mort
d’un membre d’équipage à bord du remorqueur
Patrick McAllister en 2012.

Depuis que j'ai joint le BST, j'ai participé à de nombreuses enquêtes, dont certaines m'ont amenée à travailler avec la Garde côtière canadienne et la United States Coast Guard (USCG), ainsi qu'avec la contrepartie américaine du BST, le National Transportation Safety Board (NTSB).

En 2012, j'ai été l'enquêteure désignée pour l'accident fatal d'un remorqueur sur le lac Ontario. Le remorqueur Patrice McAllister a subi un incendie dans la salle des machines, et cinq membres d'équipage ont été évacués par la Garde côtière canadienne. Malheureusement, un membre d'équipage blessé a été évacué d'urgence par hélicoptère aéromédical, mais n'a pas survécu à ses blessures. Le rapport d'enquête a été publié par l'USCG, qui avait été choisie pour diriger l'enquête sur le remorqueur américain. Toutefois, le BST a remis une lettre d'information sur la sécurité à l'Office of Investigations and Casualty Analysis de l'USCG, indiquant cinq problèmes de sécurité qui ont contribué à l'incendie et à la mort du membre d'équipage (M12C0005).

Photo 2. Épave de l’hélicoptère C-GCFU
sur le pont du navire
Épave de l’hélicoptère C-GCFU sur le pont du navire

Une autre enquête que je n'oublierai jamais est celle sur l'écrasement, en 2013, d'un hélicoptère de la Garde côtière canadienne dans le détroit de M'Clure (Territoires du Nord-Ouest). Le BST a participé à l'effort collectif pour repérer et récupérer l'hélicoptère englouti. Ce qui a rendu cette expérience unique a été le travail avec des partenaires nationaux et internationaux, notamment la Garde côtière canadienne et ArcticNet, et l'aspect multimodal de l'enquête, car celle-ci a nécessité la collaboration et le déploiement d'enquêteurs maritimes et en aviation. De plus, cela m'a rappelé l'enquête sur l'écrasement de 1999, dans laquelle j'avais joué un certain rôle pour le BST.

Cette fois-ci, j'ai joué un rôle central dans la localisation de l'épave de l'hélicoptère. Après avoir analysé les déclarations des témoins et les avoir comparées aux positions GPS du navire et aux positions de l'hélicoptère rapportées par SkyWeb, nous avons fourni au capitaine du navire le lieu calculé de l'écrasement de l'hélicoptère. Le capitaine a manœuvré l'Amundsen en position, un autre navire de la Garde côtière canadienne a enlevé certains des plus gros radeaux de glace, et ArcticNet a opéré son véhicule télécommandé. Des débris de l'hélicoptère ont été trouvés quelques minutes après le début des recherches et l'hélicoptère tout entier a été localisé à 458 m sous l'eau, à seulement 170 m du point d'impact qui avait été calculé. L'épave a été récupérée et transportée au sud, à St. John's, puis au laboratoire du BST à Ottawa pour un examen et une analyse plus approfondis (A13H0002).


Image de Wendy Jolliffe

La capitaine Jolliffe s’est jointe au BST en 2008, nous arrivant avec 15 années d’expérience à titre de spécialiste en sauvetage de la Garde côtière canadienne et plus de deux décennies d’expérience à titre de sauveteure et spécialiste des soins d’urgence aquatique. Elle possède un baccalauréat en technologie en sciences nautiques et un baccalauréat ès sciences en biologie humaine et en biochimie. Elle est navetteuse cycliste, joueuse et entraîneuse de hockey subaquatique, épouse et mère de quatre enfants.

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