Communiqué

Les limites du circuit hydraulique et les manœuvres du pilote ont mené à la collision avec le relief d’un hélicoptère près de Smithers (Colombie-Britannique), en mars 2016

Richmond (Colombie-Britannique), le 28 mars 2018 – Dans son rapport d'enquête (A16P0045) publié aujourd'hui, le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a déterminé que les limites conceptuelles du circuit hydraulique, combinées à la manière dont les manœuvres ont été exécutées, ont entraîné la perte de maîtrise et la collision avec le relief d'un hélicoptère près de Smithers (Colombie-Britannique), en mars 2016.

Le 16 mars 2016, un hélicoptère Airbus AS 350 FX2 exploité par TRK Helicopters Ltd. a quitté la base d'une piste de ski, à environ 82 milles marins au nord-ouest de Smithers, pour effectuer un vol de jour selon les règles de vol à vue à destination du camp de base. Le pilote et 6 passagers se trouvaient à bord. Peu après le décollage, tandis que l'hélicoptère volait à basse altitude, le pilote a amorcé une descente dans un ravin. Au cours de la descente, la vitesse anémométrique de l'hélicoptère a augmenté rapidement. Quelques instants plus tard, l'hélicoptère a brusquement roulé à droite, a cabré, puis a percuté le relief sur une forte pente couverte de neige. Personne n'a été blessé et les sept occupants ont pu évacuer l'hélicoptère, qui a été considérablement endommagé. Il n'y a pas eu d'incendie après impact, et la radiobalise de repérage d'urgence ne s'est pas déclenchée.

L'enquête a mis en lumière une caractéristique de conception bien connue du circuit hydraulique de l'hélicoptère AS 350, appelée la transparence des servocommandes. Ce phénomène se produit lorsque, sous l'effet conjugué de divers facteurs, les forces aérodynamiques sur le système de rotor principal sont supérieures à la capacité du circuit hydraulique et provoquent un cabrage et un roulis vers la droite de l'hélicoptère. Bien que le problème ait eu tendance à se corriger naturellement, ce qui a permis au pilote de récupérer l'assistance hydraulique, l'altitude était trop basse pour éviter l'impact avec le relief.

L'hélicoptère n'était pas muni d'un enregistreur des données de vol ni d'un enregistreur de conversations de poste de pilotage, et la réglementation en vigueur ne l'exigeait pas. Toutefois, il y avait à bord un système mondial de positionnement pour navigation satellite (GPS) capable d'enregistrer des données. Le vol a également été documenté au moyen de deux enregistrements vidéos personnels. Le GPS et ces deux vidéos ont fourni aux enquêteurs des renseignements cruciaux sur la vitesse anémométrique et d'autres variables clés durant les dernières secondes du vol. Le Bureau a recommandé par le passé que Transports Canada collabore avec l'industrie pour mettre en œuvre le suivi des données de vol et l'installation de systèmes d'enregistrement des données de vol légers à bord d'aéronefs commerciaux (recommandation A13-01). Quoique l'organisme de réglementation appuie cette recommandation, aucune mesure concrète n'a encore été prise dans ce sens.

L'enquête a également permis de déterminer que la radiobalise de repérage d'urgence était défectueuse à cause d'une usure non détectée. Si les fabricants ne respectent pas les calendriers d'inspection et de remplacement recommandés par les fournisseurs de sous-composants, il y a un risque accru de défectuosité des radiobalises de repérage d'urgence.

Après l'événement, TRK Helicopters Ltd. a révisé son programme de formation pour mettre l'accent sur les procédures d'urgence en cas de défaillance du circuit hydraulique et les conditions qui augmentent le risque de transparence des servocommandes. Airbus Helicopters a entrepris de mettre au point des systèmes de surveillance de données de vol et de réviser son programme de formation avec l'ajout possible d'une vidéo sur le phénomène de transparence des servocommandes.


Le BST est un organisme indépendant qui mène des enquêtes sur des événements de transport aérien, ferroviaire, maritime et pipelinier. Son seul but est de promouvoir la sécurité des transports. Le Bureau n'est pas habilité à attribuer ni à déterminer les responsabilités civiles ou pénales.

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