Liste de surveillance 2016 - Mot d’ouverture

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Kathy Fox
Présidente, Bureau de la sécurité des transports du Canada
31 octobre 2016

Seul le texte prononcé fait foi.

Bonjour.

Le BST a publié sa première Liste de surveillance en 2010. Nous voulions attirer l'attention de l'industrie et des organismes de réglementation sur les enjeux de sécurité qui font courir les plus grands risques au système de transport du Canada et, en particulier, sur les enjeux pour lesquels les mesures prises pour mettre en œuvre les recommandations du BST étaient insuffisantes ou longues à venir.

Depuis, nous avons mis à jour notre Liste de surveillance tous les deux ans pour qu'elle reflète les progrès réalisés, ainsi que les nouveaux enjeux à surveiller.

Aujourd'hui, le BST publie la dernière édition de sa Liste de surveillance. Cette année, par contre, nous avons changé notre approche. Il ne suffit plus de souligner un problème et d'attendre que le gouvernement et l'industrie y réagissent. Nous adoptons une approche plus dynamique. Au cours des jours et des semaines à venir, nous voulons rencontrer les intervenants clés et les chefs de file de l'industrie — y compris les propriétaires d'entreprise, les chefs de direction et les cadres supérieurs fédéraux et provinciaux. Nous demanderons à chacun d'eux de prendre des mesures concrètes sans attendre après les autres. Et, une fois ces rencontres achevées, nous ferons un suivi de ces rencontres – sur notre site Web, à l'occasion de points de presse et par des articles dans les journaux et magazines – pour rendre compte publiquement des résultats, à vous et à tous les Canadiens et Canadiennes.

Je commencerai sur une note positive, en soulignant le retrait de l'enjeu de la sécurité aux passages à niveau ferroviaires de notre Liste de surveillance. En effet, Transports Canada a réalisé d'importants progrès relativement à cet enjeu. Toutefois, plusieurs autres enjeux qui apparaissaient dans l'édition 2014 de notre Liste de surveillance persistent.

Afin de réduire les risques de collision sur les pistes aux aéroports canadiens, nous demandons la mise en place de nouvelles technologies pour immédiatement et directement avertir les pilotes, et ainsi réduire les risques d'une incursion catastrophique.

Nous voulons également voir plus de compagnies aériennes agir pour réduire les approches non stabilisées qui se poursuivent jusqu'à l'atterrissage, et que les aéroports installent des aires de sécurité d'extrémité de piste pour réduire les risques de dommages et de blessures en cas de sortie en bout de piste.

Pour les chemins de fer canadiens, le moment est venu d'installer des enregistreurs audio-vidéo à bord de toutes les locomotives de voie principale, ainsi que des moyens de défense physiques additionnels pour garantir que l'on reconnaît et respecte toujours les signaux ferroviaires.

En ce qui concerne le transport de liquides inflammables comme le pétrole brut, le spectre de l'accident à Lac-Mégantic plane toujours sur nous. Si plusieurs mesures de sécurité rigoureuses ont déjà été prises – dont l'entrée en vigueur de nouvelles normes pour les wagons-citernes – les risques persisteront dans le réseau tant que ces mesures ne seront pas entièrement mises en œuvre.

Dans le secteur maritime, nous continuons de déplorer des pertes de vie qui auraient pu être évitées chez les pêcheurs commerciaux. Le moment est venu pour une nouvelle réglementation, des lignes directrices conviviales sur la stabilité des bateaux de pêche de toutes tailles, et des signes probants d'un changement de culture chez les pêcheurs relativement au port de vêtements de flottaison individuels ou de vêtements de survie, aux radiobalises de localisation des sinistres et aux exercices de sécurité à bord des bateaux.

Relativement à plusieurs de ces accidents, nous avons demandé au gouvernement d'imposer des processus de gestion de la sécurité officiels à tous les exploitants commerciaux des secteurs aérien et maritime, et de les superviser efficacement. Trop de compagnies s'appuient seulement sur la réglementation pour déterminer ce qui est sûr ou dangereux, même si cette approche ne peut couvrir chaque éventualité. Il est impératif que toutes les compagnies montrent que les processus qu'elles utilisent sont efficaces. Si elles ne le peuvent pas, Transports Canada doit alors intervenir.

Abordons maintenant les deux nouveaux enjeux que nous avons ajoutés à notre Liste de surveillance cette année. Parlons tout d'abord de la fatigue et l'impact majeur qu'elle peut avoir sur l'exploitation sécuritaire de trains de marchandises. Trop d'équipes de train n'obtiennent pas le repos dont elles ont besoin, que ce soit à cause de quarts de travail trop longs ou d'horaires irréguliers qui perturbent le sommeil normal.

Transports Canada et le secteur ferroviaire sont au courant de ce problème depuis des années déjà. La science qui étudie ces enjeux n'est pas nouvelle. Toutefois, ce risque persistera tant que le secteur ne mettra pas cette science en application pour établir les horaires des équipes, et tant qu'il n'apportera pas de changements concrets à ce problème au lieu de simplement l'étudier.

Le dernier enjeu dont nous parlerons aujourd'hui va droit au cœur de la raison pour laquelle nous avons établi la Liste de surveillance — favoriser l'adoption plus rapide et plus fréquente de nos recommandations. Parce que la plupart du temps, Transports Canada convient que les enjeux que nous signalons doivent être résolus, et promet même d'agir. Malgré ces bonnes intentions, toutefois, le ministère n'est pas toujours fidèle à sa parole.

Et pas simplement par rapport à un ou deux enjeux. À l'heure actuelle, 52 recommandations du BST sont en suspens depuis dix ans ou plus. Plus d'une trentaine de ceux-ci languissent depuis plus de vingt ans.

Bien entendu, certains de ces enjeux sont complexes et peuvent prendre du temps à résoudre. Mais dix ans? Vingt ans? Aucune excuse ne peut justifier un tel retard de résolution d'autant d'enjeux. Surtout lorsque le ministère convient que des mesures s'imposent. Les bonnes intentions ne suffisent pas. Si c'était le cas, nous n'aurions pas besoin d'une Liste de surveillance.

Nous demandons aujourd'hui aux chefs de file de l'industrie et au gouvernement de redoubler d'efforts. Transports Canada en particulier doit maintenant s'engager résolument et agir en faveur des enjeux de sécurité que nous avons cernés. Le BST suivra la situation de près. Lorsque nous constaterons des améliorations, nous le dirons. Par contre, lorsque les mesures prises seront insuffisantes, nous le dirons également. Les Canadiens et Canadiennes ne méritent rien de moins.

Merci.

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